Après neuf mois, la Suisse et l'UE ont officiellement déclaré terminées leurs négociations sur l'accord-cadre 2 en décembre 2024. La cérémonie de clôture du 20 décembre 2025 à Berne, en présence d'Ursula von der Leyen et de Viola Amherd, devait sans doute aider les partisans de l'accord à reprendre le contrôle de l'interprétation des traités. En effet, les textes étaient entourés d'un grand mystère, sous le prétexte fallacieux qu'ils devaient encore être examinés en détail sur le plan juridique. Par la suite, certaines personnes triées sur le volet ont eu accès aux traités. En raison des critiques croissantes suscitées par cette étrange procédure, le cercle des élus a ensuite été élargi. En tant que non-initié à la politique fédérale, on ne peut que spéculer sur les raisons de ce comportement étrange du Conseil fédéral.
Parallèlement, une dispute a éclaté au sujet de la nécessité de la majorité des cantons par rapport à la votation future sur le paquet CH-UE. La plupart des partisans des accords sont contre la majorité des cantons, tandis que dans le camp adverse, c'est l'inverse. Les partisans de la majorité des cantons invoquent la démocratie, mais cet argument est plutôt malvenu. Il est évident que la majorité des cantons ne respecte pas le principe de l'égalité des voix. D'un autre côté, les majorités qualifiées sont monnaie courante dans les procédures de vote pour les décisions importantes : les décisions importantes ne doivent pas être prises à la majorité aléatoire, mais nécessitent un soutien plus fort de la population. Dans le cas présent, la majorité des cantons protégerait la démocratie en Suisse, qui est en fait restreinte par l'accord-cadre dans certains domaines de la politique économique. Ce qui est intéressant dans ce débat, c'est que les détracteurs de la majorité des cantons invoquent la démocratie, alors qu'ils sont généralement peu regardants sur le recul de la démocratie dans le contexte de l'intégration européenne. On a du mal à croire à leur soudaine sensibilité démocratique.
