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Non au libre-échange avec l’Union Européenne !

Que le libre-échange soit appliqué aux produits agricoles ou industriels, il est un système inacceptable. L’exigence d’adaptation à nos normes n’est pas directement une protection de nos produits, elle est une protection de nos choix, qui sont liés à la haute protection des animaux, de l’environnement, de la santé, du niveau social, etc.

Par Willy Cretegny

Premièrement, appelons un chat, un chat ! Le terme de libre-échange est trompeur, il fait croire que l’on parle de liberté d’échanger par opposition à une frontière fermée. Si nous prenons le cas de la Suisse, nos frontières non jamais été fermées. Certes, nous avons toujours eu des taxes fiscales et des mesures de protection de nos produits. Ce sont les partisans du libre-échange qui, dans leur argumentation mensongère, ont appelé « barrières ou entraves au commerce » des mesures qui répondent directement au principe du commerce équitable. Ces mesures à la frontière sont de plusieurs types. Il y a tout d’abord les taxes douanières qui ont plusieurs objectifs : le premier est purement fiscal, il s’agit de fiscaliser un produit qui n’a rien apporté au pays (emplois et impôts) mais qui va profiter de l’infrastructure économique locale et générer un profit pour celui qui l’importe. C’est une mesure fiscale de contribution au développement économique local. Le deuxième est un outil de protection des produits locaux (anti-dumping). Il est calculé sur la base du coût de production local de manière à éviter que le produit importé exerce une concurrence déloyale. On parle de protection des produits, mais on devrait parler de protection du tissu social et économique, car c’est la cohésion nationale qu’il s’agit de protéger.

Les autres mesures protègent nos choix : l’exigence d’adaptation à nos normes n’est pas directement une protection de nos produits, mais plutôt une protection de nos choix, eux-mêmes liés à la haute protection des animaux, de l’environnement, de la santé, du niveau social, etc. Nous avons également des mesures de protection spécifiques à nos produits agricoles comme les contingents d’importation ou encore les limitations pendant la période de production locale. Ces mesures n’ont jamais été érigées contre les produits étrangers, mais pour défendre les produits du pays comme ce qu’ils représentent en terme d’emploi, d’occupation du territoire, de cohésion nationale ou de maintien du tissu social et économique. Protéger nos choix et notre souveraineté n’est pas un rejet de l’autre, mais une affirmation des valeurs auxquelles nous tenons. Cela n’a en effet aucun sens d’interdire les poules en batterie tout en autorisant l’importation des œufs de poule en batterie en provenance du reste de la planète. Lorsque nous demandons à nos visiteurs d’enlever leurs souliers à la porte de notre appartement, nous ne leur interdisons pas d’entrer.

Les exemples qui confirment que le système du libre-échange crée un potentiel de profit inacceptable au détriment du reste de la société sont nombreux. Prenons l’exemple d’IKEA : les meubles viennent pour la plupart de région ou les coûts de fabrication sont bas. Ils traversent la frontière en payant des taxes minimes, donc sans apporter de contribution à la communauté locale. Puis ils sont vendus dans des magasins à bas prix par des vendeurs dont les salaires nécessitent l’intervention de l’Etat pour suffire à payer leur loyer ou leur assurance maladie. Et au final, le patron d’IKEA est l’homme le plus riche de Suisse. Le libre-échange permet aux patrons de ces commerces à bas prix et à tous ceux qui profitent de cette défiscalisation aux frontières de se bâtir des fortunes colossales en très peu de temps, à l’instar des chefs des entreprises Aldi ou Lidl. Accueillir ce type de commerce n’est pas digne d’un Etat de droit. La politique de la concurrence doit être modifiée rapidement afin d’empêcher les casseurs de prix de profiter de ces opportunités. Le libre-échange est donc avant tout une défiscalisation par la suppression ou l’abaissement des taxes à l’importation que l’on considère aujourd’hui comme des entraves aux commerces. Pour les promoteurs de la déréglementation, les acquis sociaux, la protection de l’environnement ou encore les lois anti-dumping sont des barrières.

Ces théoriciens du néo-libéralisme ont condamné le recours à toutes mesures protectionnistes. Ils n’ont de cesse de dire que l’on doit être dynamique et courageux, que ceux qui cherchent à se protéger sont de vieux conservateurs fermés au reste du monde. En mettant tous les peuples européens en concurrence économique, ce n’est pas l’Europe de la paix mais l’Europe de la guerre qui se développe à notre porte.

Le développement des communications a dopé la mondialisation ; malheureusement, celle-ci se traduit par l’imposition d’une politique unilatérale qui nie totalement la souveraineté des peuples à faire des choix différents. Nous attendons donc des organisations internationales qu’elles développent une politique respectant la souveraineté et permettant un réel développement par la diversité des choix.

Ne défendons pas la souveraineté alimentaire, mais la souveraineté dans son sens le plus large. Le libre-échange ne pose pas des problèmes uniquement aux agriculteurs, en normalisant le dumping ou en encourageant le transport des produits à travers la planète ; il met également en danger le tissu social, environnemental et économique local. Ce n’est pas l’agriculture qu’il faut sortir de l’OMC, mais le mandat de cette dernière qui doit être redéfini.

L’image du tissu, qu’il soit social ou industriel, est importante. Protéger les produits c’est maintenir et développer ce tissu. Chaque fil est important et tous sont interdépendants. Le libre-échange détruit ce tissu en supprimant les liens d’interdépendance entre les citoyens. Je n’ai plus besoin de mon voisin qui fabrique des meubles, car les miens viennent directement d’Inde ; ni de mon voisin agriculteur, car mes tomates viennent d’Espagne, où elles sont récoltées par des esclaves.

Nous devons en finir avec la sacro-sainte liberté individuelle de choix. Il n’est pas acceptable que dans un Etat de Droit, les individus-consommateurs puissent librement choisir entre une tomate récoltée par un esclave ou une tomate produite selon nos normes. Nous devons faire des choix collectifs et nous battre pour une Suisse ou nous pourrions faire les courses sans lunettes. Nous voulons une Suisse ou nous avons collectivement décidé que seuls les produits répondant à nos normes sont commercialisables. Une Suisse qui ne paie pas le lait au prix équitable n’est pas un Etat de droit. Les associations agricoles et l’Etat dépensent des millions en publicité pour nos produits de proximité : c’est ridicule, car ceux-ci devraient être prioritaires sur le marché.

Les pays du Sud sont ceux qui souffrent le plus de cette pression pour la suppression des taxes douanières. Les paysans de l’Inde se suicident car leurs produits (riz) sont maintenant concurrencés par des denrées moins chères venant d’ailleurs, suite à l’abaissement des droits de douane par leur gouvernement.

La destruction à la fois de l’environnement, du tissu social et économique local font que nous sommes aujourd’hui face à un choix de société. Pour cela, ce n’est pas aux consommateurs mais aux citoyens que nous devons nous adresser, car il s’agit de questions citoyennes.

Le groupe « La Vrille », qui avait lancé le référendum contre PA 2011, vient de déposer à la Chancellerie Fédérale deux initiatives « Initiatives tandem : Protéger, Développer, Transmettre ». Celles-ci proposent une modification de l’article 73 sur le développement durable et la modification des articles 94 et 96 sur l’économie. Nous attendons la publication dans la Feuille officielle pour commencer la récolte. Il y a un avenir pour la planète et pour nos enfants, à condition que nous acceptions de changer. La question n’est pas de savoir s’il faut plus ou moins d’Etat, mais plutôt de décider quel rôle nous voulons donner à l’Etat et au collectif.


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