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Qui profite de l'UEM



espace monétaire unique rend le change des monnaies et les coûts qui y sont liés superflus. En plus, les risques de change disparaissent pour les entreprises. Ces coûts de transaction ne sont cependant pas très élevés. La Commission de l'UE les chiffre à 0,3 - 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) de l'UE. Selon certains économistes, ces chiffres sont exagérés. De plus, on pourrait réduire ces coûts par d'autres moyens. De même peut-on minimiser les risques de change par différentes astuces connues par tout économiste d'entreprise. Les buts de l'Union monétaire se situent ailleurs: L'UEM sert avant tout à accroître la compétition entre les lieux de production dans les Etats-membres de l'UE. Par là, on peut renforcer la pression sur les salaires et les dépenses sociales.

de Paul Ruppen

Les critères de convergences

Les critères de convergence devraient introduire la création de l'Union monétaire par le biais d'une politique monétariste commune. Les critères de convergence, avant tout la réduction envisagée du déficit public à 60% du PIB dans un délai très court et la limitation de l'endettement courant à 3% mène actuellement à une crise de la demande en Europe occidentale. Par là, la demande baisse à un moment où les économies de l'Europe occidentale se trouvent déjà dans une crise de la demande, due à l'instauration du marché unique en 1993. Par ce dernier, la demande n'a pas été renforcée comme le prévoyait le rapport de Cecchine. La compétition accrue a conduit à des processus de rationalisation et de concentration. Il en résulta des licenciements et une pression très forte sur les salaires, ce qui impliqua un affaiblissement de la demande. Cette situation créée par le marché unique est renforcée par les mesures d'assainissement des finances publiques. Sous leur pression, la politique sociale et économique des Etats-membres mène aux conséquences suivantes:

• stagnation ou baisse des salaires réels des ouvriers et des employés.
• baisse des prestations sociales publiques.
• augmentation des impôts indirects et des charges sociales prélevées sur les salaires
• réduction des coûts salariaux réels pour les entreprises.
• augmentation du chômage.


UEM - perte des marges de manoeuvre de la politique économique

L'UEM n'est pas le paradis social pour lequel il vaudrait la peine de subir le purgatoire des critères de convergence. La monnaie unique ôtera aux Etats les derniers moyens d'une politique conjoncturelle propre. Les structures économiques (branches et secteurs) des différents pays de l'UE sont si diverses que leurs économies ne suivent pas un développement commun. L'économie de l'UE subira des chocs asymétriques (changements des prix des matières premières, changements importants de la politique économique ou commerciale des partenaires commerciaux, crises de certaines branches et développement conjoncturel qui touchent d'une manière inégale les différents pays). Par la création de l'Union monétaire les différents Etats ne pourraient plus réagir d'une manière flexible à ces problèmes.

Dans un espace monétaire unique les chocs asymétriques ne peuvent être endigués que par les quatre mécanismes suivants:

(1) péréquation financière

(2) baisse des prix et des salaires du pays touché par le choc asymétrique.

(3) migration

(4) augmentation du chômage.

Il vaut la peine de discuter brièvement ces quatre points pour se rendre compte des difficultés que ces différentes "politiques" produisent dans le cadre de l'UE. (1) Il n'est guère possible d'équilibrer le développement de l'UE par la péréquation financière, puisque de tels transferts financiers devraient être très élevés. Aux Etats-Unis ils s'élèvent à 10% du PIB et leur efficacité est assez douteuse. Dans l'UE, ces transfert s'élèvent actuellement à 0,5% (fonds structurel et de cohésion, etc.). Il est à craindre que dans l'UE - eu égard à des disparités plus grandes et à une mobilité du travail pratiquement inexistante - les transferts financiers devraient être beaucoup plus importants qu'aux Etats-Unis. Une augmentation adéquate du budget communautaire n'est cependant pas à l'ordre du jour. Sur le fond de cette situation, les représentants des profiteurs nets réclament sans ambiguïté que les chocs asymétriques soient à l'avenir endigués par la baisse des salaires et des prix22.

(2) Les employés et les ouvriers des pays touchés par des chocs asymétriques n'accepteront guère la baisse des prix et des salaires réels. On vend l'UE à l'aide de l'argument qu'elle crée des places de travail et fait augmenter les revenus. L'UE ne survivra guère à une baisse des salaires réels - s'ajoutant aux taux de chômage existants déjà très élevés.

(3) On ne peut attendre dans le cadre de l'UE une mobilité du facteur "travail" comparable à celle des Etats-Unis. Les barrières linguistiques et culturelles sont trop importantes.

(4) Puisque ces trois mécanismes ne joueront guère ou d'une manière tout à fait insuffisante, l'UEM se répercutera sur une augmentation du chômage. En Espagne et en Irlande, le chômage monte déjà à plus de 20%. Il est étonnant que les structures politiques de ces pays aient survécu si longtemps un tel taux de chômage. Une augmentation supplémentaire ou le maintien des taux actuels menacera cependant à long terme la démocratie de ces pays (ce qui en reste après l'adhésion à l'UE) et l'UE elle-même.

La dispariton d'une politique monétaire indépendante accentue alors les problèmes sociaux de l'UE. La globalisation de l'économie diminue déjà passablement la marge de manoeuvre des Etats. L'UE fait disparaitre le peu qui en subsiste. Le taux d'intérêt p.ex. sera le même dans toute l'UEM. Les Etats ne pourront plus l'influencer. La politique allemande, qui vise à introduire des restrictions budgetaires strictes aussi après l'installation de l'UEM, bouche le dernier petit trou d'une politique conjoncturelle indépendante.

Conflits d'intérêts

Eu égard aux conséquences sociales de l'UEM on peut se demander à qui elle profite. L'industrie d'exportation des pays compétitifs est le premier bénéficiaire de l'UEM. S'il y a différentes monnaies, la compétitivité d'un pays se répercute sur une augmentation de la valeur de la monnaie de ce pays. La vente d'un produit fait augmenter la demande de l'argent du pays. Ce mécanisme crée un certain équilibre entre pays très compétitifs et pays moins compétitifs, parce qu'il fait baisser la compétitivité des pays plus forts. Les pays compétitifs n'aiment pas ce mécanisme et ils aiment parler de "dévaluation compétitive". Dans le cadre de l'UEM, les pays forts ne devront plus payer leurs avantages compétitifs par l'augmentation de la valeur de leur monnaie. Ils devront certes payer plus de transferts financiers vers les pays plus pauvres. Il faut cependant tenir compte du fait que ces transferts sont surtout payés par la TVA (d'au moins 15%). Ce sont surtout les secteurs du marché intérieur de chaque pays et les couches défavorisées qui payeront ces transferts. Le secteur d'exportation est dans une large mesure libérée de la TVA. C'est pourquoi on peut considérer l'UEM et le marché unique comme une machine de redistribution des revenus: Elle transfère des revenus (1) du bas vers le haut et (2) du secteur du marché intérieur vers le secteur de l'exportation. Les couches favorisées des pays pauvres soutiennent ce système parce qu'elles profitent de la manne bruxelloise.

En plus, l'UEM intéresse tous ceux qui espèrent augmenter leurs profits par le renforcement de la concurrence entre les lieux de production. L'UEM facilite la comparaison de la productivité, des coûts sociaux et des marges de bénéfice des Etats-Membres. Cela facilite le dumping social et accentue la tendance qui se constate depuis 15 ans au sein de l'UE, de reporter les charges sociales sur les salariés. On baisse les taux d'impôts sur les facteurs mobiles (capital) et on les augmente sur les facteurs immobiles (travail - TVA) pour maintenir l'attractivité des lieux de production. Le renforcement de la concurrence augmente les bénéfices par la pression sur les salaires, les charges sociales des entreprises et les impôts sur les capitaux.

Coopération pour l'élargissement des marges de manoeuvres de la politique économique.

Il faut relever que la critique avancée au sujet de l'UEM ne signifie pas la défense du système monétaire mondial actuel. Le système actuel (globalisation, disparition des barrières concernant les flux des capitaux, etc.) diminue largement les possibilités d'action dans le domaine de la politique économique des différents Etats. Des réformes s'imposent si l'on veut résoudre les problèmes économiques, sociaux et écologiques de notre planète. 23. Il s'agit de réformes qui nécessitent la coopération internationale: la coopération internationale doit cependant élargir les possiblités d'action des Etats et non pas les détruire comme le font l'UE et l'UEM.

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